Une rencontre avec les personnages, les lieux de mon tome 1. La suite de l'aventure avec le tome 2 (mon troisième roman). Sa réalisation, sa publication et sa diffusion.Et, une réflexion sur l'activité culturelle de notre région.
Dans le cadre de la diffusion par Arte (samedi 15/12) d'un documentaire sur les bâtisseurs de cathédrales voici un nouvel extrait de mon tome 2 :
Un murmure d’approbation se fit entendre. Le magister enchaîna :
– La cathédrale, c’est l’église de l’évêque. Elle doit pouvoir rassembler le plus grand nombre de fidèles au sein d’un édifice qui s’élance jusqu’au ciel. La cathédrale est comme un phare qui resplendit à l’horizon pour guider les pèlerins vers sa lumière.
Autour de l’architecte, la petite troupe s’était regroupée en écoutant avec attention le récit que faisait ce dernier au sujet de ces nouveaux édifices, que ses compagnons étaient en train de construire dans les régions de l’ouest, au-delà des Vosges. Certes, plusieurs d’entre eux, en particulier la châtelaine, avaient déjà entendu parler de ces audacieuses églises qu’avait fait édifier l’empereur, notamment celle de Worms ou plus près, celle de Strasbourg.[1] Cependant, personne n’avait encore ouï un magister de cette importance leur expliquer ces nouveautés.
– Nous vivons une époque de changements économiques et sociaux. Les villes situées au croisement de deux fleuves ou de deux routes commerciales, voient leur population décupler et leurs ressources exploser. Bientôt, elles se libèreront du joug des tutelles seigneuriales et s’administreront par elles-mêmes. Ce réveil du monde marchand coïncide avec le retour des libertés municipales.
En disant cela, le magister eut un regard craintif vers le chevalier. Celui-ci ne releva point la remarque, tout juste eut-il une légère moue ironique qui n’échappa pas à frère Tuck. Le récit de Guillaume de Sens se prolongea fort tard dans la nuit. Ainsi apprirent-ils que nombreux étaient les femmes et les enfants participant à l’édification de ces églises. Ils firent connaissance avec les corporations qui se côtoyaient sur les chantiers, telles celles de la pierre, du bois, du métal et, bien sûr, du verre. Des loges respectives avaient été établies au pied des échafaudages. (...)