Une rencontre avec les personnages, les lieux de mon tome 1. La suite de l'aventure avec le tome 2 (mon troisième roman). Sa réalisation, sa publication et sa diffusion.Et, une réflexion sur l'activité culturelle de notre région.
Dans le cadre de la diffusion par Arte (samedi 15/12) d'un documentaire sur les bâtisseurs de cathédrales voici un nouvel extrait de mon tome 2 :
Frère Tuck fouilla dans sa mémoire, mais ne se remémora pas un jeune apprenti ayant les traits de Guillaume de Sens.
– C’est vous qui décidiez des motifs bibliques que pouvaient employer les tailleurs de pierre et les verriers, pour les fresques et les statues à sculpter, ainsi que pour les vitraux, qui racontent l’histoire de l’Ancien et du Nouveau Testament.
Frère Tuck approuva et se contenta de murmurer, en baissant la tête :
– Tout cela est si loin maintenant.
Il y eut un grand silence.
– Ainsi, vous êtes en route pour Strasbourg, enchaîna-t-il, comme pour dissiper un léger trouble.
– Oui, nous terminerons à Strasbourg notre « croisade des cathédrales »,[1] confirma le magister.
– « La croisade des cathédrales ? » s’écria intrigué le chevalier.
– Oui, messire, continua Guillaume de Sens. Après Saint-Denis, Noyon, Paris, Sens et Canterbury où j’ai eu un pénible accident, je viens partager mon savoir avec mes compagnons de Strasbourg. Suite aux nombreuses et désastreuses croisades en Terre sainte, n’est-ce pas là une manière merveilleuse de rendre hommage à notre Seigneur ? Pourquoi prendre des risques en allant à la croisade, alors que l’on peut soulager sa conscience en contribuant au financement des chantiers de cathédrales ? En plus, le besoin en ouvriers et manœuvres est important. La liberté de travail est la règle, et, les travailleurs sont bien payés.
Un murmure d’approbation se fit entendre. Le magister enchaîna : (...)
[1] En fait, la première utilisation du substantif « cathédrale » en français ne date que du règne de Louis XIV.